Conférence internationale
Discours critique et variation linguistique. Stéréotypies culturelles et linguistiques
Suceava, les 23-24 juillet 2015

Pour la Ve édition, la Conférence Internationale Discours critique et variation linguistique propose aux doctorants et aux chercheurs consacrés une thématique généreuse sous le titre Stéréotypies culturelles et linguistiques.  

Ces derniers temps, les stéréotypies concernent différents domaines, la médicine (les stéréotypies de langage, d’expression, spécifiques pour certaines maladies), la didactique ou toute autre discipline qui cherche à éviter les standardisations. La perspective anthropologique discute le problème des stéréotypes culturels identifiés au niveau de la pensée, des stéréotypes qui caractérisaient et assuraient la cohérence et l’individualisation d’un groupe, social, ethnique, d’une communauté culturelle, matérialisée soit comme mythes, comme discours autoréférentiels et justificateurs (les mythes fondateurs), soit comme préjugés émis par rapport aux autres, comme discours généralisateurs et simplificateurs.

Brièvement, le stéréotype représente la répétition mécanique d’une forme, suite à un manque d’originalité qui banalise l’expression et qui assume une idée, perçue comme valorisante, sans offrir une interprétation personnelle. Une acception relativement similaire circule également pour les termes clichée, poncif – répétition mécanique, sans aucun intérêt et aucun esprit inventif, d’un modèle. Vue l’existence d’une pluralité de mots qui désignent des réalités similaires par leur contenu, fonction ou genèse, on considère nécessaire, d’une part, de réexaminer des distinctions entre les acceptions du terme stéréotypie et, d’autre part, d’imposer des réévaluations du rapport entre les notions stéréotype, clichée et automatisme, véhiculés dans l’étude de la langue et de la littérature.

Largement, les stéréotypies visent tout ce qui se répète, prend, multiplie un certain modèle, ayant comme résultat, suite au phénomène de récurrence, des objets ou des processus avec des traits communs ; de cette perspective, l’étude théorique de la langue (et d’autres disciplines philologiques) ou pratique, des sciences sociales et de la culture, se donne pour objectif d’établir des modèles, des types etc. qui répondent à des exigences de régulation des phénomènes pour établir, par le biais des opérations de généralisation, des classes, des paradigmes et des catégories qui correspondent à des séries d’éléments avec des caractéristiques qui instituent des identités et des différences. À ce sens, on remarque la valeur positive des stéréotypies épistémologiques et méthodologiques.

Dans la recherche des processus cognitifs, on constate également le rôle positif du stéréotype, comme élément indispensable pour le fonctionnement de la mémoire et de la pensée humaine (concept résistent, fort, rigide). D’où découle, certainement, l’acception de la thèse selon laquelle, grâce à la congruence des processus cognitifs avec les communicatifs, on pourrait identifier aussi au niveau du langage de tels stéréotypes évalués d’une manière positive (stéréotypies fonctionnelles). À ce sens, ayant comme point de départ la théorie d’E. Coșeriu, on peut avancer l’idée selon laquelle une langue englobe une somme de modèles, des schémas, un système, imposé par la tradition, qui opère comme un poncif et qu’il existe la possibilité que la même structure soit répétée ou que les mêmes oppositions, les mêmes différences soient utilisées plusieurs fois. En plus, au niveau supra-ordonné, une somme de récurrences découperait les types, les groupes de langues (romanes, germaniques, etc.) qui, en fait, constitueraient un autre type de stéréotypies fonctionnelles.

Au niveau de la parole, du discours, il existe un plus de liberté par rapport à la norme, liberté qui tient compte du système – « technique actuelle » et certaines constructions fixes imposées par tradition – « le discours répété ». Le discours répété est, habituellement, considéré une stéréotypie lexicale, avec/sans valeur expressive, qui se manifeste dans tous les styles fonctionnels et dans la langue parlée non-littéraire. Mais « la technique actuelle », actualisée par la parole et caractérisée par la manière de valoriser la virtualité à travers la créativité et l’inventivité, générée par les possibles libertés dans le système, se manifeste également entre les limites des contraintes imposées dans la langue par les normes (de congruence, de correctitude, d’adéquation etc.) dictées par la tradition de la langue historique, selon les attentes des récepteurs (stéréotypies de conformité). Même si l’on pense à la déviation, à l’écart par rapport à la norme avec des finalités poétiques, elle doit être admise comme attribut de la langue dans un certain système qui précise les frontières de la valorisation de l’expressivité. Le rôle des écrivains serait justement d’identifier constamment d’autres possibilités par « non-limitation » des normes.

Ces directions proposées par nous, de même que beaucoup d’autres également, pareilles à la problématique envisagée, peuvent constituer des thèmes pour les communications de la conférence organisée lors de l’Ecole doctorale socio-humaine, le domaine Philologie, à l’Université « Ştefan cel Mare » de Suceava. Les participants sont invités à soumettre au débat les résultats obtenus dans la recherche individuelle, par la mise en commun et par la confrontation des opinions générées par différentes écoles linguistiques et littéraires (analyse du discours, linguistique, histoire de la langue, stylistique, théorie et critique littéraire, méthodologie d’interprétation, traductologie etc.).

Les thèmes de la conférence peuvent être intégrés dans trois sections :

  • Stéréotypies culturelles dans le texte littéraire ;
  • Perspectives d’analyse discursive et textuelle sur les structures stéréotypées ;
  • Approches interdisciplinaires des stéréotypies.

Les langues de communication : le roumain, le français, l’anglais, l’espagnol, l’italien, l’allemand.

Les frais de participation seront payés jusqu’au 15 juillet 2015 dans un compte bancaire qui va être communiqué ultérieurement et permettent l’accès aux communications de la conférence, les documents de la conférence, l’attestation de participation, les pauses café, la publication en volume avec ISBN. Les participants de Roumanie vont payer 150 lei et les participants de l’étranger vont payer 40 euro (participation et publication de l’article dans le volume) ou 50 euro (publication de l’article dans le volume, sans participation).